Ressources humaine 101 pour entrepreneur

Ressources humaines en trois points; Toujours privilégié le savoir-être au savoir-faire. Gère pour être respecté et non aimé. Établis tes attentes dès le départ.

Ressources humaines 101 pour entrepreneurs

Un entrepreneur est par définition quelqu’un qui a décidé pour diverses raisons de ne plus travailler pour quelqu’un d’autre et d’être son propre patron. L’entrepreneur est alors en mission; il ne compte plus ses heures, transporté par sa passion, il a une vision très précise de son projet et sait exactement où il s’en va et par quels moyens il va s’y rendre. Mais alors que se passe-t-il lorsque le projet explose et requiert d’ajouter des ressources? Comment un entrepreneur arrive-t-il à se transformer en gestionnaire? Trop souvent, l’entrepreneur échoue dans ce défi ou il apprend à la dure alors j’aborderai dans ce texte quelques règles de base que j’ai apprises à la suite de certaines expériences et certains échecs, que j’applique de façon systématique depuis que je suis gestionnaire et que j’aurais aimé connaître dès le début de ma carrière! 

Établir ses attentes dès le départ!

Je ne sais pas pourquoi, mais lorsque je suis devenu gestionnaire, mon premier réflexe a été de m’asseoir avec chaque employé afin de me présenter, qu’ils sachent à qui ils avaient affaire, mais surtout pour bien définir leur rôle, ce que j’attendais d’eux et comment j’allais évaluer leur performance et ainsi jeter les bases du coaching à venir. Cette première rencontre est essentielle. C’est l’occasion pour l’employé d’exprimer sa vision, son point de vue et lorsque les 2 parties s’entendent, on est bon pour aller de l’avant! Combien de fois ai-je entendu dire un gestionnaire ‘’il n’est pas bon’’ à propos d’un employé et mon premier réflexe est toujours de lui demander ‘’oui, mais lui as-tu expliqué ce que tu attendais de lui, a-t-il tous les outils pour bien performer?’’. La réponse dans 99% des cas est évidemment non! Entrepreneurs, gens d’actions, voyez cela comme un investissement et non comme une perte de temps, car personne ne peut lire dans votre tête et tôt ou tard, cela vous rattrapera assurément.

Gère pour être respecté et non pour être aimé

Cette phrase m’a toujours servi et m’a été inculquée très jeune par un de mes patrons alors que j’avais 15 ans. Je faisais des ménages la nuit dans une salle de réception et ceux qui me connaissent savent que j’ai un sens critique assez développé et un ton sarcastique qui l’est tout autant. Le soleil allait se lever et encore une fois, on avait dû faire des miracles avec les produits nettoyants (on en manquait tout le temps). Pour démontrer mon mécontentement, je me suis mis à faire une imitation dudit patron sans savoir que celui-ci était déjà entré au travail. À voir la rougeur de son visage et les veines dans son cou, j’ai compris qu’il n’avait pas aimé mon monologue! Il m’a pris à part et m’a dit une phrase que je n’ai jamais oubliée et que j’ai dite des dizaines de fois depuis ‘’tu n’es pas obligé de m’aimer, mais tu vas me respecter’’. Être gestionnaire ce n’est pas simple. Ça demande du leadership, mais également du courage et l’on doit accepter le fait qu’on ne fera jamais l’unanimité et que notre rôle est de guider l’ensemble de nos ressources vers l’atteinte d’un but commun et non pour sa propre personne et son amour propre. Si tu gères pour être aimé, cela teintera tes décisions; celles qui font mal ne seront pas prises afin de garder ton besoin d’affection et d’amour intact. Et vous savez quoi? Lorsque c’est la raison et non le sentiment qui nous guide, on devient rationnel, on devient juste et équitable, on gère avec des faits et non des ‘’feelings’’ et les employés apprécient travailler pour de tels gestionnaires. 

Tolérer trop longtemps une situation problématique

Le gestionnaire est scruté à la loupe. Les employés regardent tes gestes et tes réactions face à toutes les situations et ils ne sont pas fous; ils savent quand un de leur pair n’est pas performant. Je me souviens encore, j’étais sur la route avec mon représentant des ventes et nous avions certaines personnes en place qui n’avaient pas su évoluer au même rythme que la croissance de l’entreprise et nous avions des changements à faires au sein de mon organisation, mais je n’avais pas priorisé ces changements. Quelle ne fut pas ma surprise de me faire dire ‘’c’est le fun notre culture d’entreprise, même si on a des gens qui performent plus ou moins bien, on les garde alors ça nous enlève beaucoup de pression!’’ Pas besoin de vous expliquer que j’ai fait de ces changements ma priorité en revenant au bureau… Il est donc important de prendre les décisions qui s’imposent. Ce n’est jamais facile, ce n’est pas agréable, mais le rôle du gestionnaire est de s’assurer que tout le monde est dans une chaise qui maximisera le rendement de l’employé et sa contribution au projet d’entreprise. Chaque individu a sa chaise, il faut juste lui trouver la bonne! Maintenir quelqu’un dans la mauvaise chaise n’est pas seulement mauvais pour l’équipe et l’entreprise, mais également pour l’individu lui-même. Car soyez assuré que si vos attentes étaient claires, l’employé sait aussi bien que vous qu’il n’est pas à sa place et ne performe pas. Je me suis déjà fait dire par un employé que j’ai maintenu en poste trop longtemps et que j’ai finalement remercier ‘’ il était temps’’

Privilégiez toujours le savoir-être au savoir-faire!

Celle-là est simple. Je n’ai jamais toléré une attitude ou un comportement déplacé dans mes équipes de travail de la part de quiconque. Dans la foulée des ‘’Me too’’, il est évident que ce concept aurait dû être suivi par plusieurs! Trop souvent, je vois des entrepreneurs qui ferment les yeux en se disant que le fait de sévir contre cet employé va nuire au rendement de l’entreprise. Mais un comportement déplacé reste déplacé, peu importe l’apport de l’employé, et cela doit être adressé. En terminant, de grâce, si vous êtes l’entrepreneur et le chef de l’entreprise, ne soyez pas celui dont on questionne le savoir-être! On en a trop vu dernièrement…

Philippe Latour

Diplômé en administration des affaires et spécialiste dans l’optimisation de processus organisationnels, Philippe Latour est reconnu avant tout comme un créateur de valeur. Hyperactif, critique, analytique et rigoureux, il a su mettre à profit ces qualités dans chacune des entreprises pour lesquelles il a œuvré au cours des 18 dernières années, telles que SNC-Lavalin, Intrawest, Cogeco et Nuera Air. Avec lui, la seule constance est le changement et cette vision de constante amélioration lui a permis de gravir rapidement les échelons partout où il est passé et surtout de garder bien allumée sa flamme pour l’entrepreneuriat qui brûle depuis la création de sa première entreprise à l’âge de 14 ans. Sa plus grande fierté? Aider des entreprises québécoises à fabriquer au Québec de manière compétitive en 2017!